Chapelle des Pénitents Gris

Les Confréries de Pénitents ‑ Origines et généralités

Les Confréries de Pénitents ne sont pas des « Ordres » fondés par l'Église catholique ; elles sont nées d'un élan populaire qui porta de pieux laïques à s'associer en vue de la louange publique de Dieu, du perfectionnement spirituel propre à tout chrétien, et d'une œuvre de charité exigeant du dévouement et constituant une pénitence volontaire.


Origines historiques

On a voulu voir leur origine dans les pénitences publiques des premiers temps de l'Église, ‑ dans les Flagellants fanatiques qui se manifestèrent en Italie et en Allemagne au XIIᵉ siècle et peut‑être dès 1020. Il est plus certain que le premier modèle fut le « Tiers Ordre de Pénitence » fondé en 1221 par Saint François d'Assise. C'est un Franciscain, Saint Bonaventure, qui en 1264 fonda la Confrérie de Notre‑Dame du Gonfalon, origine probable des Pénitents blancs.

Avant 1264, existaient des Confréries ou Fréries de métier (par exemple, les nombreuses confréries de vignerons placées sous le patronage de Saint Vincent), ‑ ou des Confréries de piété se consacrant à des prières en commun.

Le nom de « Pénitent » n'apparaît pas avant le XVᵉ siècle. En 1488, nous constatons à Rome l'existence de Pénitents noirs (dits de la Miséricorde, ou de la Décollation de Saint Jean‑Baptiste). Ils assistaient les condamnés à mort et priaient pour leur âme ; chaque année, on leur accordait la grâce d'un condamné.


Les confréries de couleurs

Aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles surgit une floraison de Pénitents de toutes couleurs : blancs, bleus, gris, verts, rouges, violets... La couleur de leur robe différenciait simplement les Confréries d'une même ville, mais n'a jamais servi de marque exclusive désignant une œuvre de charité rigoureusement déterminée : ainsi les condamnés à mort étaient assistés par les Noirs à Rome, les Bleus à Aix‑en‑Provence, les Pourpres à Limoges.


Traits communs

Quelques traits communs pourtant entre toutes les Confréries :


Vie spirituelle

Il n'est pas étonnant que les Confréries, manifestant une grande dévotion au Saint‑Sacrement et à la Sainte Vierge, se soient obligées par leurs statuts à des offices, à des prières pendant la Semaine Sainte qui commémore la passion de Notre Seigneur. Le Jeudi Saint était d'ailleurs le jour où, dans l'Église primitive, l'évêque et le clergé introduisaient les fidèles soumis à une pénitence publique.

Les Confrères de la chapelle en tenue de procession

Au XVI° siècle

Au XVI° siècle, entre 1550 et 1580 ou 90, se fondent de très nombreuses Confréries qui, outre leurs oeuvres de charité, constituaient un noyau de défense des catholiques contre la Réforme. Dans un esprit d'apaisement, François 1er, en 1539, avait supprimé « les Confréries de Batteurs et autres » (on appelait certains Pénitents Batteurs ou Battus parce qu'ils s'infligeaient la discipline). En 1553, Henri II les rétablit. En 1571, sous Charles IX, l'édit de François 1er est remis en vigueur, mais après la Saint‑Barthélemy (24 août 1572) ces mesures sont rapportées et par lettres patentes de décembre 1583, Henri III prend sous sa protection spéciale les Compagnies de Pénitents existantes et à venir (L. Guibert). L'année précédente, le Roi lui‑même avait été admis dans la Confrérie des Pénitents blancs du Gonfalon de Lyon et avait suivi en robe la procession, ‑ imité par le Duc d'Alençon et le roi de Navarre, le futur Henri IV.

Beaucoup de Confréries fondées au XVIe siècle, et ayant participé plus ou moins aux troubles de la Ligue, disparaissent au cours du siècle suivant : on ne trouve plus alors de Pénitents au Nord du Berry, sauf en Lorraine, et dans trois ou quatre localités du bassin de la Seine et de celui de la Loire. « Dans le Midi au contraire, non seulement les anciennes Compagnies et celles qui s'y étaient créées après 1580 ou 1590 continuaient à prospérer, mais il s'en établissait de nouvelles. » (L. Guibert).

La monarchie favorisait cet effort : en 1622, Louis XIII se fit recevoir dans la Congrégation des Pénitents bleus de Toulouse, la plus célèbre du royaume, et Louis XIV y fut aussi admis.

Procession des Pénitents à Notre Dame de la Garde (à Marseille) en 1825
Procession des Pénitents à Notre Dame de la Garde (à Marseille) en 1825
Procession de pénitents au XVIII°
Procession de pénitents au XVIII°

Les Statuts

Le Santon d’un « Bourras »
Le Santon d’un « Bourras »
Cordelière et Chapelet°
Cordelière et Chapelet